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A trois heures après-midi, je suis monté en voitureavec le comte Stadion. Quel moment! Gomme toutétait changé! Je me suis rappelé le jour de son dé-part de Vienne au mois d’avril. Une centaine de per-sonnes l’entouraient; toute la maison était remplie demonde. Cette fois-ci — pas un chien ne s’est montré.Metternich et Hudelist étaient venus lui dire adieupendant que nous dînions. Mais pas une âme ne l’avu partir!
Chemin-faisant, et le soir à Komorn je me suisbeaucoup entretenu avec lui. Il avait repris toute sasérénité; il faut tout dire, il sentait vivement le bon-heur d’avoir échappé à tant de tourments, à tant dechagrins, à tant de cochonneries. — Il m’a éclairé surun article, que je ne savais pas bien, sur l’envoi decet officier russe, Czernicheff. L’empereur ne l’avaitpas envoyé, comme on croit, avec une lettre d’exhor-tation à la paix; c’est notre empereur qui a écrit àcelui de Russie, au moment où les négociations ontcommencé. Czernicheff a porté la réponse, qui d’aprèsce que le comte Stadion m’a dit, était conçue de la plusmauvaise grâce possible. Le reste de nos conversa-tions roulait sur des objets, que nous avions souventtraités, en grande partie aussi sur des objets étrangersà la question du moment.
Samedi 7. A 5 heures du matin je me suis séparédu comte Stadion. Il a pris le chemin de Prague,moi celui de Bude, Nos adieux ont été tendres ettouchants. Jamais il ne m’a montré plus d’attachementet plus d’amitié. Chose bien remarquable! Il y a eu dansces derniers temps une nuance d’opposition assez ca-ractérisée dans nos vues politiques; j’ai même directe-