313
Octobre.
Le temps est maintenant si fort pris, la réuniond’étrangers de marque est si immense, les affaires, laconversation, les courses, les mouvements de toute espèces’accumulent si fort, qu’il n’y a plus moyen de suivrel’histoire du jour autrement qu’en citant les faits et lesnoms les plus saillants.
La dernière partie du mois de septembre la saisona été superbe; elle l’est encore, et me donne mille re-grets sur ce que je n’ai pu rester à Baden. Mais maposition est au reste brillante et heureuse; et je jouisd’une bonne santé. Un rhume que j’ai pris à la suited’une extinction de voix passagère ne dérange que fai-blement le sentiment de bien-être dont je jouis.
Samedi 1. Passé une partie de la journée chez leprince Met ter ni ch. Rentré à 7 heures pour dîner.A 8 heures chez le comte Nesselrode. Note de Tal-leyrand contenant sa protestation contre la forme dedélibération choisie par nous. A 9 heures à un balchez la princesse Bagration. L’empereur Alexandre,le roi de Prusse, tous les princes étrangers, une so-ciété charmante de femmes. L’empereur m’a parlé. Jesuis resté jusqu’à 1 heure et parti au milieu d’un magni-fique souper.
Dimanche 2. Travaillé jusqu’à 2 heures à un pro-tocole. A 2 heures conférence chez Metternich, avecNesselrode, le chancelier Hardenberg et lord Castle-reagh. Dîné chez la princesse de Taxis; rentré à 7et ne voulant pas me rendre à la redoute, passé masoirée entre Mad. de Nesselrode et Mad. de Fuchs.
Lundi 3. Travaillé au protocole de la séance d’hier.