14 ' LETTRES
J’apprends que c’est un des avantages attachés àla littérature, et íur-tout à la poésie, d’être ex-posé à être accusé sans cesse de toutes les sottisesqui courent la ville. On vient de me montrer uneepìtte de Fabbé de Chaulien au marquis de LaTare , dans laquelle il se plaint de cette injustice.Voici le passage :
Accort, insinuant, et quelquefois flatteur ,J’ai su , tsun discours enchanteurTout 1’uíage que pouvait faireBeaucoup d’imagination,
Oui rejoignît avec adresse,
Au tour brillant, à la justesse ,
Le charme de la fiction ;
Et son impétueuse ivresse ,
Entre le tabac et le yin.
il ni’a fait. Je ne dirai pas comme Chapelain disait deLouis XIU.
,,Les trois fois mille francs qu’il met dans ma famille,,, Témoignent mon mérite , et son t con n aï ire assez»> Q. u 'h ne hait pas mes vers, pour être un peu forcés.”
Charité, Chapelain ét moi , nous avons été tous troistrop bien payés pour <lc mauvais vers.
Rttulit acccptos , recale nwnìfma , Philips os.
I,e Répent qui s'appelle Philippe , rend la comparaisonparfaite. Ne nous énorgueillissòns ni des méchancetés denos ennemis, ni des bontés de nos protecteurs; on peutêtre avec tout cela un homme très.médiocre ; on peutêtre récompensé ct envié sans aucun mérite.