18 IETTRES
Sar.s parler de moï, c’est un grand bonheur pourîes lettres, que nous vivions fous un prince quiaime les beaux-arts ■ autant qu’il hait la flatterie;et dont on peut obtenir la protection plutôt parde bons ouvrages que par des louanges, pour les-quelles il a un dégoût peu ordinaire dans ceux qui,par leur naissance et par leur. rang, font exposés àêtre loués toute leur vie.
LETTRÉ II.
M o N SIE u R, avant que de vous faire lirema tragédie, souffrez que je vous prévienne fur.íe succès qu’elle a eu : non pas pour m’en applau-dir, mais pour vous assurer combien je m’en délie.
Je fais que les premiers applaudissentens dupublic ne font pas toujours de sûrs garans de labonté d’un ouvrage. Souvent un auteur doit lesuccès de fa pièce ou à l’art des acteurs qui lajouent, ou à la décision de quelques amis accrédi-tés dans le monde qui entraînent pour un tempsles suffrages de la multitude; et le public estétonné , quelques mois après , de s’ennuyer à lalecture du même ouvrage qui lui arrachait des lar-mes à la représentation.
Je me garderai donc bien de me prévaloir d’un'succès peut-être passager, et dont les comédiensont plus à s’appìaudir que moi-même.
On ne volt que trop d’auteurs dramatiques quiimpriment, à la tête de leurs ouvrages, des pré-faces pleines de vsnité ; qni campent les pinces