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* LETTRES
LETTRE III.
Contenant la critique de s Oedipe de Sophocle.
M o N s i E u R , mon peu d’érudition ne mepermet pas d’examiner Jì la tragédie de Sophoclefait son imitation -par le discours , le nombre ctl'harmonie ,• ce qti Aristote appelle expressémentun discours agréablement assaisonné, (a) Je nediscuterai pas non plus. Jì défi une pièce dit pre-mier genre , Jìmple et implexe : Jìmple , farcequ'elle ri a qiiune seule catastrophe ; et implexefarce qu’eVe a la reconnaissance avec la péripétie .
Je vous rendrai seulement compte , avec lîmpli-cite, des endroits qui m’ont révolté, et fur lesquelsy ai besoin des lumières de ceux qui, connaissantmieux que moi les anciens, peuvent mieux ex-cuser tous leurs défauts.
La scène ouvre dans Sophocle par un Chœur deThébains prosternés aux pieds des autels, et qui,par leurs larmes et par leurs cris , demandent auxdieux la fin de leurs calamités. Oedipe , leur libé-rateur et leur roi, paraît au milieu d’eux.
Je suis Oedipe , leurdit-il, fi vanté par toutle monde. II y a quelque apparence que les Thé-bains n’ignoraient pas qu’il s’appelait OedipeA l’égard de cette grande réputation dont ilse vante, M. Dacier dit que c’est une adresse deSophocle, qui veut fonder par-là le caractèreà Oedipe qui est orgueilleux.
ta) M. Dacier, préface sur l’Oedîpe de Sophocle.