SUR OEDIPE.
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C’eft dans cette scène qa'Oedipe raconte àJocaJie, qu’un jour, à table , un homme ivre luireprocha qu’il était un fils supposé : J*allai,continue-t-il , trouver le roi et la reine ; je. lesinterrogeai fur ma naijfaneeils jurent tousdeux très-fâcbés dit reproche qu’on m!avait fait.fhtoiqueje les aimasse avec beaucoup detendrefse,cette injure , qui était devenue publique, nelaissa pas de me demeurer fur le cceur , et deme donner des soupçons. Je partis donc, à leurinfçu, pour aller, à Delphes : Apollon ne daignapas répondre précisément à ma demande ; maisil me dit les choses les plus affreuses et les plusépouvantables dont on ait jamais ouï parler ;que j’épouserais infailliblement ma propre mère;que je ferais voir aux hommes une racemalheureuse qui les remplirait dé horreur ; etque je serais le meurtrier de mon père.
Voilà encore la pièce finier On avait prédit àJocaJie que son fils tremperait ses mains dans lesang de Laïus , et porterait"ses crimes jusqu’au litde sa mère. Elle avait sait exposer ce fils fur lemont Cithéron, et lui avait fait percer les talons( comme elle l’avoue dans cette même scène ) ;Oedipe porte encore les cicatrices de cette bles-sure; il sait qu’on lui a reproché qu’il n’était pointfils de polybe : tout cela n’est-il pas pour Oedipeet pour JocaJie une démonstration de leurs mal-heurs ? et n’y a-t-il pas un aveuglement ridicule àen douter ?
,1e fais que Jocaste ne dit point dans cette scènequ’elle dût un jour épouser son fils ; mais cela