LETTRES
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même est une nouvelle faute. Car, lorsqu’Oeiyx?dit à Jocaste : On nia prédit que je fouiller a't lelit de ma mère , et que mon père serait m-.jsaeréfar mes mains , Jocaste doit répondre sur lecha mp , on en avait prédit autant à mon fils ;ou du moins elle doit faire sentir au spectateurqu’elle est convaincue dans ce moment de sonmalheur.
Tant d’ignorance dâns Oedipe et dans Jocçfien’est qu’un artifice grossier du poète, qui, pourdonner à fa pièce une juste étendue, fait filerjusqu’au cinquième acte une reconnaissance déjàmanifestée au second , et qui violé les réglés dusens commun,pour ne point manquer en apparenceà celles du théâtre.
Cette même faute subsiste dans tout lé coursde la pièce.
Cet Oedipe qui expliquait les énigmes, n’en-tend pas les choses les plus claires. Lorsque lePasteur de Corinthe lui apporte la nouvelle de lamort de Polybe , et quai lui apprend que Polyben’était pas son père, qu’il a été exposé par unThébain sur le mont Cithéron,que ses pieds avaientété percés et liés avec des courroies ; Oedipe nesoupçonne rien encore. II n’a d’autre crainte qued’ètre né d’une famille obscure ; et 'le Cbœnr , tou-jours présent dans le cours de la pièce, ne prêteaucune attention à tout ce qui aurait dû instruireOedipe de fa naissance. Le Cbœur , qu’on donnepour une assemblée de gens éclairés, montreaussi peu de pénétration qu } Oedipe; et dans létemps que les Thébains devraient être saisis de