SUR OEBIPÏ. 3 ç
ouvrages qui décèlent un génie parfait, malgrélés imperfections-de ses tragédies.
Eh! quelle idée ne doit-on point avoir d’utipoète qui a prêté des sdntimens à Racine même?Les endroits que ce grand homme a traduitsd’Eurîpide, dans son inimitable rôle de Phèdre,ne font pas les moins beaux de son ouvrage.
Dieux, queue suis-je assise à l’ombre des Forêts!
Quand pourrai-je., au travers d’iuie noble poussières
Suivre de l’œil un eliar fuyant dans la carrière!
.Insensée, o à suis-je et qu’ai-je dit?
Où laissai-je égarer mes vœux et mon esprit?
Je l’ai.perdu, les dieux m’en ont ravi l’usage.
Oenone, la rougeur me couvre le visage ;
Je te laisse trop. voir mes honteuses douleurs,
Et mes yeux, malgré moi, se remplissent de pleurs..
Presque toute cette scène est traduite mot pourmot $ Euripide. II ne faut pas cependant que lelecteur, séduit par cette traduction, s’imagine que -la pièce d 'Euripide soit un bon ouvrage. Voilà leseul bel endroit de fa tragédie , et même le seulraisonnable; car c’estle seul que Racine ait imité.Et comme on ne s’avisera jamais d’approuverl’Hippolyte de Sènèque , quoique Racine ait prisdàns cet auteur toute la déclaration de Phèdre ;aussi ne doit-on pas admirer l’Hippolyte á’Euripi-de, pour trente ou quarante vers qui se sonttrouvés dignes d’ètre imités-par le plus grand denos poètes.
Molière prenait quelquefois des scènes entièresdans Cyrano de Bergerac , et disait pour son