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grands traits de ses autres tragédies , je désespèrepourtant de les égaler jamais; car ce.grand hommeest toujours au-deffus des autres, lors môme qu’ii.n’est pas entièrement égal à hii-même.
Je ne parle point de la versification ; on fait qu’iln’a jamais fait de vers si faibles et si indignes de latragédie. En effet, Corneille ne connaissait guèrela médiocrité, et il tombait dans le bas avec lamême facilité qu’il s’élevait au sublime-
J’espère que vous me pardonnerez, Monsieur,la témérité avec laquelle je parle ; si pourtant c’enest une de trouver mauvais ce qui est mauvais,et de respecter le nom de sauteur sans en êtrel’esclave.
Et quelles fautes voudrait-on qúe son relevât ?Serait-ce celles des auteurs médiocres, dont onignore tout jusqu’aux défauts ? C’est fur lesimperfections des grands hommes qu’il faut atta-cher fa critique;, car si le préjugé nous fesaitadmirer leurs fautes , bientôt nous les imiterions,et il se trouverait peut-être que nous n'aurions prisde ces célèbres écrivains, que l’exemple de malfaire.
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LETTRE Y.
Qnì contient la critique du. nouvel Oedipe,
3V1oksieur , ine voilà enfin parvenu à la partiede ma dissertation la plus aisée, c’est-à-dire à lacritique de mon ouvrage ; et pour ne point perdrede temps , je commencerai par le premier défautqui est celui du sujet., Régulièrement, la pièce