PREFACE. 6 9
Molière , Addisson , Congrcve , Majsei , ont tonsobservé les lois du théâtre , c’en serait assez pourdevoir arrêter quiconque voudrait les violer :mais M. de la Motte mérite qu’on le combattepar des raisons, plus que par des autorités.
Qu’est-ce qu’une pièce de théâtre? La repré-sentation d’une action. Pourquoi d’une seule, et-non de deux ou trois ? C’est que l’eíprit humainne peut embrasser plusieurs objets à la fois ; c’estque l’intérét qui se partage s’anéantit bientôt;c’est que nous sommes choqués de voir, mêmedans un tableau , deux événemens ; c’est qu’enfinla nature feule nous a indiqué ce précepte, quidoit être invariable comme elle.
Par la même raison, Trinité de lieu est essentielle;car une seule action né peut se passer en plusieurslieux à la fois. Si les personnages que je vois font àAthènes au premier acte, comment peuvent-ilsse trouver en Perse au second ? M. le Brttn a-t-ilpeint Alexandre à A rbelles et dans les Indes furla même toile? “ Je ne serais pas étonné, dit„ adroitement M. de la Motte , qu’une nation3, sensée, mais moins amie des règles, s’accom-33 modât de voir Coriolan condamné à Rome33 au premier acte, reçu chez les Volsqnes au33 troisième, et assiégeant Rome au quatrième,„ etc. ^ Premièrement, je ne conçois point