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Les antres personnages doivent concourir auxeffets terribles que toute tragédie doit produire.La médiocrité du personnage de Ramìre se ré-pand sur tout l’ouvrage. Un héros qui ne joued’autre rôle que celui d’être aimé ou amoureux,ne peut jamais émouvoir ; il cesse dès-lors d’êtreun personnage de tragédie : c’est ce qu’on peutquelquefois reprocher à Racine , si l’on peut re-procher quelque chose à ce grand homme, quide tous nos écrivains est celui qui a le plus ap-proché de la perfection dans l’élégance et fabeauté continue de ses ouvrages. C’est sur.tout legrand vice de la tragédie d’Ariane, tragédie bail-leurs intéressante , remplie des sentimèns les plustouthans et les plus naturels, et qui devient ex-«ellente quand vous la jouez.
Le malheur de presque toutes les pièces danslesquelles une amante est trahie , c’est qu’ellesretombent toutes dans la situation d’Ariane; etce n’est presque que la même tragédie sous desnoms différens.
J’ose croire en général que les tragédies quipeuvent subsister sans cette passion , sont fanscontredit les meilleures ; non - seulement parcequ’elles sont beaucoup plus difficiles à faire, maisparce que le sujet étant une fois trouvé, l’amoutqu’on introduirait y paraîtrait une puérilité , aulieu d’y être un ornement.
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