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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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z u l r m e;

î6

Mes conseils autrefois ne vous révoltaient pas :

Cette voix itun vieillard, qui nourrit votre enfance,'Quelquefois de Zulime obtint plus dindulgence.Bénalfar votre père espérait aujourdhuiQue mes foins plus heureux pourraient vous rendre à lui.A son cœur ulcéré que faut-il que jannonce ?

ZULIME.

Porte-lui mes soupirs et mes pleurs pour réponse:

Cest tout ce que je puis : et cest ten dire alTez.

M O H A D I R.

Vous pleurez ! vous Zulime ! et vous le trahissez ?ZULIME.

Je ne le trahis point. Le destin qui loutrageAux cruels Turcomans livrait fou héritage :

Par ces brigands nouveaux pressé de toutes parts,

De Trémizène en cendre il quitta les remparts :

Et quel que soit lobjet du soin qui me dévore,

Jai suivi son exemple.

m o H A d i E.

Hélas ! suivez-le encore.

11 revient, revenez, dissipez tant dennuis:

Remplissez vos devoirs , croyez-moi.

ZULIME.

Je ne puis.

M o H A d i K.

Vous le pouvez. Sachez que nos tristes rivages

Ont vu fuir à la fin nos destructeurs sauvages;Dispersés, affaiblis, et lassés déformaisDes mauxquilsont soufferts,et des maux quils ont faits.Trémizène renaît et va revoir son maître :

Sans fa fille, fans vous, le verrons-nous paraître ?Vous avez dans ce fort entraîné ses soldats :

Des esclaves dEurope accompagnent vos pas.