ACTE TREMIE K.
I?
Ces chrétiens , ces captifs, le prix de son courage,Dont jadis la victoire avait fait son partage 3Ont arrache' Zulirae à ses bras paternels.
Avec qui fuyez-vous ?
z U L I M E.
Ah ! reproches cruels !
Arrêtez, Mohadir. '*
M O H A D I R.
Non, je ne puis me taire-;.
Le reproche est trop juste , et vous m’êtes trop chère :Non, je ne puis penser , fans honte et fans horreurQue l’esclave Ramire a fait votre malheur.
Z U L I M E.
Ramire esclave !
MOHADIR.
11 l’est, il était fait pour l’être:
II naquit dans nos. fers ; Bénaffar est son maître.N’est-il pas descendu de ces Goths odieux,
Dans leurs propres foyers vaincus par nos aïeux ?
Son père à Trémizène est mort dans f esclavage,
Et la bonté d’un maître est son seul héritage. .
Z U L I M E.«
Ramire esclave ! lui ?
MOHADIR.
C est un titre qui rend
Notre affront plus sensible, et son crime plus grand.Quoi donc, un Espagnol ici commande en maître !
A peine devant vous m’a-t-on laiffé paraître:
A peine ai-je percé la foule des soldats
Qui veillent à fa garde, et qui suivent vos pas.
Vous pleurez malgré vous : la nature outragéeDéchire en s’indignant votre ame partagée.
Théâtre, Tome 111, B