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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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ACTE TREMIE K.

I?

Ces chrétiens , ces captifs, le prix de son courage,Dont jadis la victoire avait fait son partage 3Ont arrache' Zulirae à ses bras paternels.

Avec qui fuyez-vous ?

z U L I M E.

Ah ! reproches cruels !

Arrêtez, Mohadir. '*

M O H A D I R.

Non, je ne puis me taire-;.

Le reproche est trop juste , et vous mêtes trop chère :Non, je ne puis penser , fans honte et fans horreurQue lesclave Ramire a fait votre malheur.

Z U L I M E.

Ramire esclave !

MOHADIR.

11 lest, il était fait pour lêtre:

II naquit dans nos. fers ; Bénaffar est son maître.Nest-il pas descendu de ces Goths odieux,

Dans leurs propres foyers vaincus par nos aïeux ?

Son père à Trémizène est mort dans f esclavage,

Et la bonté dun maître est son seul héritage. .

Z U L I M E.«

Ramire esclave ! lui ?

MOHADIR.

C est un titre qui rend

Notre affront plus sensible, et son crime plus grand.Quoi donc, un Espagnol ici commande en maître !

A peine devant vous ma-t-on laiffé paraître:

A peine ai-je percé la foule des soldats

Qui veillent à fa garde, et qui suivent vos pas.

Vous pleurez malgré vous : la nature outragéeDéchire en sindignant votre ame partagée.

Théâtre, Tome 111, B