SUR IA TRAGEDIE; 2$Çon peut à de petits airs mesurés, semblables àceux qu’on appelle à Venise Rarcarole. Quel rap-port, par exemple , entre Thésée , reconnu patson père sur le point d’ètre v emprisonné par lui »et ces ridicules paroles :
le plus sageS’enflamme et s’engage,
Sans savoir comment.
Malgré ces défauts, j’ose encore penser que nosbonnes tragédies-opéra, telles qu’Atis, Armide»Thésée, étaient ce qui pouvait donner parmi nousquelque idée du théâtre d’Athènes, parce queces tragédies sont chantées comme celles desGrecs ; parce que le chœur, tout vicieux qy’onFa rendu, tout fade panégyriste qu’on Fa fait dela morale amoureuse , ressemble pourtant à celuides Grecs, en ce qu’il occupe souvent la scène.Ï1 ne dit pas ce qu’il doit dire, il n’enseigne pasla vertu, ct regat iratos , ct amet peccare timen «tes ; mais enfin il faut avouer que la forme de&tragédies-opéra nous retrace la forme de la tra-gédie grecque à quelques égards. II m’a donsi-paru en général, en consultant les gens de let-tres qui connaissent Fantiquité, que ces tragé-dies-opéra sont la copie et la ruine de la tragédied’Athènes. Elles en sont la copie, en cequ’ellesadmettent la mélopée, les choeurs, les machi-nes , les divinités ; elles en sont la destruction >