SUR I. A TRAGEDIE.
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Que fesaient cependant nos braves ianiíTaires ?Remlent-ils au Sultan des hommages sincères ?
Dans le secret des cœurs, Osmin, n’as-tu rien lu?
Et le moment d’après:
Crois-tu qu’ils me suivraient encore avec plaisir , 1Et qu’ils reconnaîtraient la voix de leur visir?
Ils auraient admiré comme ce conjuré développeensuite ses desseins, et rend compte de ses actions.Ce grand mérite de l’art n’était point connu auxinventeurs de l’art. Le choc des passions, ces com-bats de sentimens opposés, ces discours animés derivaux et de rivales, ces contestations intéressan-tes, où l’on dit ce que l’on doit dire, ces situationssi bien ménagées les auraient étonnés. Ils eussenttrouvé mauvais peut-être qu 'Hippolyte soit amou-reux assez froidement A’Aride , et que son gouver-neur lui fasse des leçons de galanterie ; qu’il dise;
Vous-même, où seriez-vous,
Si toujours votre mère, à l’amour opposée,
D’une pudique ardeur u’eùt brûlé pour Thésée ?
Paroles tirées du Pastor fido, et bien plus conve-*nables à un berger qu’au gouverneur d’un prince :mais ils eussent été ravis en admiration en enten-dant Phèdre s’écrier:
Oenone , qui l’eût cru? j’avais une rivalel
.Hippolyte aime , et je n’en peux douter.
Ce farouche ennemi, qu'o n ne pouvait dompter,Qu’offensait le respect, qu’importunait la plainte}Ce tigre, que jamais je n’abordai fans crainte,Soumis, apprivoisé, reconnaît uu vainqueur.
Théâtre. Tome III. si b