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SÎ58 B I S S F. R T A T ! 0 UCinna , César , Corneìie, plus respectables quedes héros fabuleux, parlèrent souvent sur notrescène, comme ils auraient parlé dans l’ancienneRome.
Je ne prétends pas que la scène franqaise l’aitemporté en tout fur celle des Grecs, et doive lafaire oublier. Les inventeurs ont toujours la pre-mière place dans la mémoire des hommes ; maisquelque respect qu’on ait pour ces premiers gé-nies , cela n’empêche pas que ceux qui les ontsuivis ne fassent souvent beaucoup plus de plaisir.On respecte Homère , mais on lit le Tasse ; ontrouve dans lui beaucoup de beautés qu’Homèren’a point connues. On admire Sophocle ; maiscombien de nos bons auteurs tragiques ont-ìls detraits de maître que Sophocle eût fait gloired’imiter, s’i! fût venu après eux ? Les Grecs au-raient appris de nos grands modernes à faire desexpressions plus adroites, à lier les scènes les unesaux autres par cet art imperceptible qui ne laissejamais le théâtre vide , et qui fait venir et sortiravec raison les personnages. C’est à quoi les an.ciens ont souvent manqué, et c’est en quoi leTriJJìno les a malheureusement imités. Je main-tiens , par exemple, que Sophocle et Euripideeussent regardé la première scène de Bajazet com-me une école où ils auraient profité, en voyant unvieux générald’arméeannoncer,par les questionsqu’il fait, qu’il médite une grande entreprise.
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