SUR IA TRAGEDIE. SY?et comme notre scène embrasse des sujets de tousles temps et de tous les pays, il faudrait qu’unspectateur allât consulter tous les livres avant qu’ilfût si ce qu’on lui représente est fabuleux ou histo-rique. II ne prend pas assurément cette peine ; ilse laisse attendrir quand la pièce est touchante,et il ne s’avise pas de dire, en voyant Polyeucte,je n’ai jamais entendu parler de Sévère et dePauline , ces gens-là ne doivent pas me toucher.Le père Rrumoy devait feulement remarquer queles pièces de ce genre font beaucoup plus diffi-ciles à faire que les autres. Tout le caractère dePhèdre était déjà dans Euripide , íà déclarationd’ainour dans Sénèque le tragique , toute la scèned’ Auguste et de Cinna dans Sénèque le philoso-phe ; mais il fallait tirer Sévère et Pauline de sonpropre fonds, Au reste , si le père Brumoy s’esttrompé dans cet endroit et dans quelques autres,son livre est Tailleurs un des meilleurs et des plusutiles que nous ayons ; et je ne combats son erreurqu’en estimant son travail et son goût.
Je reviens, et je dis que ce serait manquerd'ame et de jugement, que de ne pas avouer com-bien la scène franqaise est au-dessus de la scènegrecque, par l’art de la conduite , par l’invention,par les beautés de détail, qui font fans nombre.Mais aussi on serait bien partial et bien injuste, dene pas tomber d’accord que k galanterie a pres-que par-tout affaibli tous les avantages que nou»
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