-ìçS DISSERTA T IOSTtragédie , que notre nation ne put les égaler dansla dignité de leurs représentations. Un des plusgrands obstacles qui s’opposent sur notre théâtre à '
toute action grande et pathétique est la foule des j
spectateurs, confondue fur la scène avec les !acteurs : cette indécence se fit sentir particulière-ment à la première représentation de Sémiramis.
La principale actrice de Londres, qui était pré-sente à ce spectacle, ne revenait point de sonétonnement : elle ne pouvait concevoir commentil y avait des hommes assez ennemis de leursplaisirs, pour gâter ainsi le spectacle fans en jouir.
Cet abus a été corrigé dans la fuite aux représen-tations de Sémiramis, et il pourrait aisément êtresupprimé pour jamais. 11 ne faut pas s’y mépren-dre ; un inconvénient, tel que celui-là seul, asuffi pour priver la France de beaucoup de chefs-d’œuvre qu’on aurait fans doute hasardés, si onavait eu un théâtre libre, propre pour faction ,et tel qu’il est chez toutes les autres nations del’Europe.
Mais ce grand défaut n’est pas assurément leseul qui doive être corrigé. Je ne puis assez m’é-tonner ni me plaindre du peu de foin qu’on aen France de rendre les théâtres dignes des excel-lens ouvrages qu’on y représente, et de la nation j
qui en fait ses délices. Cinna, Athalie méritaient j
d’être représentés ailleurs que dans un jeu depaume , au bout duquel on a élevé quelques ì