SUR IA TRAGEDIE. L-7décorations du plus mauvais goût, et dans lequelles spectateurs font placés , contre tout ordre etcontre toute raison, les uns debout fur le théâtremême , les autres debout dans ce qu’on appelleparterre , où ils font gênés et pressés indécem-ment , et où ils fe précipitent quelquefois en tu-multe les uns fur les autres, comme dans une sé-dition populaire. Ou représente au fond du Nordnos ouvrages dramatiques dans des salles millefois plus magnifiques, mieux entendues , et avecbeaucoup plus de décence.
Que nous sommes loin sur-tout de l’intelligenceet du bon goût qui règnent en ce genre dans pres-que toutes vos villes d’Itaiie ! 11 est honteux delaisser subsister encore ces restes de barbarie dansune ville Ji grande , si peuplée, fi opulente et sipolie. La dixième partie de ce que nous dépen-sons tous les jours en bagatelles, aussi magnifi-ques qu’inutiies et peu durables, suffirait pourélever des monumens publics en tous les genres,pour rendre Paris aussi magnifique qu’il est richeet peuplé, et pour l’égaler un jour à Rome , quiest notre modèle en tant de choses. C’était un desprojets de l’immortel Colbert. J’ose me flatterqu’on pardonnera cette petite digression à monamour pour les arts et pour ma patrie ; et quepeut-être même un jour elle inspirera aux magis-trats qui font à la tête de cette ville la noble envied’imiter ies magistrats d’Athènes et de Rome,st ceux de FItalie moderne.