SUR IA TRAGEDIE. ?0?
finit son Oedipe en disant qu’il ne faut jamaisappeler un homme heureux avant fa mort : icitoute la morale de h» pièce est renfermée dansces vers:
.II est donc des forfaits
Que le courroux des dieux ne pardonne jamais.
maxime bien autrement importante que celle dëSophocle. Mais quelle instruction , dira-1-on , lecommun des hommes peut-il : tirer d’un crime sirare , et d’une punition plus rare encore ? J’avoueque la catastrophe de Sémiramis n’arrivera passouvent; mais ce qui arrive tous les jours se trouvedans les derniers vers de la pièce :
.Apprenez tous du moins
Que les crimes secrets ont les dieux pour témoins.
■ II y a peu de familles fur la terre où l’on ncpuisse quelquefois Rappliquer ces vers ; c’esspar-làque les sujets tragiques , le plus au-dessus desfortunes communes, ont les rapports les plusvrais avec les mœurs de tous les hommes.
Je pourrais, sur-tout, appliquer à la tragédiede Sémiramis la morale par laquelle Euripide finitson Alceste, pièce dans laquelle le merveilleuxrègne bien davantage ; Qiie les dieux emploientdes moyens étonnans pour exécuter leurs éternelsdécrets! Ope les grands événemens qu’ils méneygent surpassent les idées des mortels !
Théâtre. Tome III, C c