)S6 SEMIRAMIS
Des rois Assyriens comme lui descendue ,
Et plus près de ce trône, où je fuis attendue,
11 pense, en m’immolant à ses secrets desseins,Appuyer de mes droits ses droits trop incertains.Pour moi si Ninias, à qui, dès fa naissance,
Ninus m’avait donnée aux jours de mon enfance;
Si l’héritier du sceptre à moi seule promis,
Voyait encor le jour près de Sémiramis;
S’il me donnait fou cœur avec le rang suprême,J’en atteste l’amour, j’en jure par vous-même,Ninias me verrait préférer aujourd’huiUn exil avec vous, à ce trône avec lui.
Les campagnes de Scythe, et ses climats stériles,Pleins de votre grand nom, font d'assez doux asilês.Le sein de ces déserts, où naquit notre amour,
Est pour moi Babylone, et deviendra ma cour.Peut-être l’ennemi, que cet amour outrage,
A ce doux châtiment ne borne point fa rage,
J’ai démêlé son ame, et j’en vois la noirceur;
Le crime , ou je me trompe, étonne peu son cœur.Votre gloire déjà lui fait assez d’ombrage ;
U vous craint, il vous hait.
A E Z A C E.
Je le hais davantage;
Mais je ne le crains pas, étant aimé de vous.Conservez vos bontés, je brave son courroux.
La reine entre nous deux tient an moins la balance.Je me fuis vu d’abord admis en fa présence;
Elle m’a fait sentir, à ce premier accueil,
Autant d’humanité, qu’Assur avait d’orgusil ;
Et relevant mon front, prosterné vers son trône,M’a vingt foi? appelé l’appui de Babylone.