EPITRE.
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Après avoir fait Oedipe et les Lois de Minos,à près de soixante années l’un de i’autre; etaprès avoir été calomnié et persécuté pendantces soixante années, fans en faire que rire, jefors prefqu’octogénaire , (c’est-à-dire, beau-coup trop tard, ) d’une carrière épineuse, danslaquelle un goût irrésistible m’engagea trop long-temps.
Je souhaite que la scène française, élevée,dans le grand siècle de Louis XIV au-dessus duthéâtre d’Athènes et de toutes les nations, re-prenne la vie après moi; qu’elle se purge de tousles défauts que j’y ai portés, et qu’elle acquièreles beautés que je n’ai pas connues.
V Je souhaite qu’au premier pas que fera danscette carrière un homme de génie , tous ceux quin’en ont point ne s’ameutent pas pour le fairetomber, pour l’écrafer datis fa chute, et pourl’opprimer par les plus absurdes impostures.
■ Qu’il ne soit pas mordu par les folliculaires,comme toute chair bien faine l’est par les infec*tes; ces insectes et ces folliculaires ne mordantque pour vivre.
Je souhaite que la calomnie ne députe pointquelques-uns de ses ferpens à la cour pour perdrece génie naissant ,-en cas que la cour, par hasard,entende parler de ses talons.