ACTE PREMIER.
Ne voit plus dans son roi qu’un tyran criminel;11 n’est plus désigné que du nom de cruel:
Ne me demande point si c’est avec justice ;
II faut qu’on le déteste, afin qu'on le punisse.
La haine est sans scrupule : un peuple révoltéEcoute les rumeurs, et non la vérité.
On avilit ses mœurs, on noircit fa condiíite,
On le rend odieux à l’Europe séduite,
On le poursuit dans Rome à ce vieux tribunal,Qui par un long abus, peut-être trop fatal,
Sur tant de souverains étend son vaste empire.
Je l’y Fais condamner ; et je puis te prédireQue tu verras l’Espagne en sa crédulitéExécuter l’arrêt dès qu’il fera porté :
Hiais un foin plus pressant m’agite et me dévore,A fes sacrés autels il ravit Léonore;
De cette cour profane il faut bien la sauver.Arrachons-la des mains qui m’en osent priver.Sans doute il s’est flatté dn grand art de séduirjîDe sa vaine beauté, de ce frivole empireQu’il eut sur tant de cœurs aisés à conquérir;Tout cet éclat trompeur avec lui va périr.Peut-être qn’aujourd’hui la guerre déclaréeVers la princesse ici m’interdirait Rentrée.Profitons du seul jour où je puis l’ejilever.
Va m’attendre au Sénat j je cours t’y retrouver:Nous y.concerterons tout ce que je dois fairePour ravir Léonore et le trône à mon ffère.
L* voici. Le destin favorise mes vœux.