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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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5 6 t A H "E N R I A D E.

Tranquille, il attendait quau gré de ses souhaitsLa mort vînt â son Dieu le rejoindre à jamais.

Ce Dieu qu'il adorait prit foin de fa vieillesse,

II fit dans fou désert descendre la sagesse ;

Et prodigue envers lui de ses trésors divins,

II ouvrit à Ces yeux le livre des destins.

Ce vieillard ail héros que Dieu lui fit connaître,

Au bord dune onde pure, offre un festin champêtre.Le prince à ces repas était accoutumé:

Souvent fous lhumble toit du laboureur charmé ,Fuyant le bruit des cours, et se cherchant lui-même,II avait déposé l'orgueil du diadème.

Le trouble répandu dans lempire chrétienFut pour eux le sujet dun utile entretien.

Mornay, qui dans fa secte était inébranlable,

Prêtait au calvinisme un appui redoutable;

Henri doutait encore, et demandait aux cieuxQuun rayon de clarté vînt dessiller ses yeux.

De tout temps, disait-il, la vérité sacréeChez les faibles humains fut derreurs entourée:Faut-il que de Dieu seul attendant mon appui,Jignore les sentiers qui mènent jusquà lui ?

Hélas ! un Dieu si bon, qui de lhomme est le maître,En eût été servi sii avait voulu l'être,.

De dieu, dit le vieillard, adorons les desseins,

Et ne laccusons pas des fautes des humains.

Jai vu naître autrefois le calvinisme en France;Faible,marchant dans sombre,humble dans fa naissance ,Je l'ai vu lans support exilé dans nos murs,Savancer à pas lents par cent détours obscurs.

Enfin mes yeux ont vu, du sein de la pouísièrc,

Ce fantôme effrayant lever fa tête altière,