CHANT SEPTIEME, I<>|
Grand Dieu l ne faites-vous que montrer aux humainsCette fleur passagère, ouvr-ge de vos mains?
Hélas! que n’eût point fait cette ams vertueuse?
La France sons son règne eût été trop heureuse;
II eût entretenu l’abondance et !a paix ;
Mon fils, il eût compté ses jours par ses bienfaits,11 eût aimé son peuple. O jours remplis d’a!armes !
O combien les Français vent répandre de larmes.Quand sous la même tombe ils verront réunisEt l’époux et la femme, et la mèie et le fils*
TIn faible rejeton (ay) sort entre les ruinesDe cet arbre fécond, coupé dans les racines.
Les enfans de Leurs , descendus au tombeau ,
Ont laissé dans la France un monarque au berceau.De l’Eíat ébranlé douce et frêle espérance.
O toi, prudent Fleuri, veille fur son enfance, (g)Conduis ses prem ers pas, cultive sous tes yeuxDu plus pur de mon sang le dépôt précieux.
Tout souverain qu’ 1 ist , instruits-le à se connaître.'Qu’il fa fie qu’il est homme , en voyant qu’il est maître ;Qu’aimé de ses fuj- ts il. soient chtrs à ses yeux :Apprends-lui qu’il n’est roi, qu’il n’est né que pour eux.France, reprends sous lui ta majesté première,
Perce la tr.ste nuit qui couvrait ta lumière;
Que les arts qui déjà voulaient t’abandonner,
De leurs utiles mains viennent te couronner.L’Océan sc demande , en ses grottes profondes,
Où sont tes pavillons qui flottaient fur ses ondes?Du Nil ct de l’Euxin , de Tlnde et de ses ports,Le commerce t’appelle et t’ouvre ses trésors.Ma'ntiens Tordre et la paix fans chercher la victoire.Sois l’arbitre d s rois , cVft assez pour ta gloire;
T. ix La Henriade. R