2g2 NOTES
A la mort de Louis XIV la réputation de Coìbert augmentaencore j les principe^ de ^administration des finances, ducommerce et des manufactures étaient inconnus ; et lorfqu’oivcommença en France à s’occoper de ces objets, ce fut pouradopter fur ces matières Topinion de Coìbert.
On fe plaignait de n’avoir plus de marine, et fous lui lajnarine avait été florissante.
On regrettait la magnificence de la cour de Louis XIV*-On sentait les maux qu’avait causés la vigueur exercée contreles ptotefians, et l’on croyait que Coìbert ïes avait protégés;,cn était dégoûté de la guerre, et Coìbert pasiait pour s'êtreopposé à la guerre.
Les dépenses excessives qu'il fêlait pendant h paix , pourfcuisfaire ie goût de Louis XIV, paraissìieut- des moyens defaire fleurir dans PEtat les arts de luxe, d’animer lesmanufactures, de rendre les étrangers tributaires de notreindustrie.
Ce n’était pas après les opérations de Lare , et le haussementexcessif des monnaies, qu’on pouvait reprocher à Coìbert lesretranchemens des rentes et une faible augmentation dans lavaleur du marc d’argent.
“ M. de Voltaire trouva donc la réputation de Coìbert établie,et il suivit î’opinion de son siècle : on ne peut lui en faireun reproche. Ce qui dans un homme occupé d’études politiquesserait une preuve d’jgnorance , ou d'iin penchant secret pourdes principes oppresseurs, n'est qu’une erreur très-pardrnnabledans un écrivain qui a cru pouvoir s’en rapporter àî’opimon-des hommes les plus éclairés de l'époque où il écrivait; etloifque i'cst l’amonr des arts, de la paix et de la tolérancequi a inspiré cette erreur, il y aurait de í’mjustice à ne pointla pardonner. Depuis ce temps la stience de l'administrationa tait des progrès, ou plutôt dle a été créée du moins €iìFrance, et Coìbert a été traité avec il’autant plus de sévéritéque l’eiuhoufiasme avait été plus vif.
On aurait tort fans doute de lui repi^Gher d'avoir ignoréce que personne nc savait de son temps. On doit louer sonapplication au travail, son exactitude; mais ni fa conduiteenvers Fouquet , ni lesmoy-ns ruimux qu’ìl employa poursoutenir aux dépens du peuple le ssste de la cour, ni la duretéde ses régleniens pour les manufacturas, ni la barbarie ducode des aides et tíes gabelles, ni ses opérations fur lesmomiaus, ni les retranchemens des rentes, ne peuventêtre excusés.