CHANT HUITIEME. 219
Sous les coups redoublés leur ■ cuirasse étincelle 5Leur sang qui rejaillit rougit leur main cruelle}
Leur bouclier, leur casque arrêtant leur effort.
Pare encor quelques coups et repousse la mort.Chacun d’eux étonné de tant de résistance■Respectait son rival, admirait sa vaillance.
EnSn le vieux d’Aíily, par un coup malheureux.Fait tomber à ses pieds ce guerrier généreux.
Ses yeux font pour jamais fermés à la lumière ;
Son casque auprès de lui roule fur la poussière.D’Ailly volt son visage ; ó désespoir ! ô cris !
II le voit, il l’embrasse, hélas 1 c’était son fils.
Le père infortuné, les yeux baignés de larmes,Tournait contre son sein ses parricides armes ;
On l’arrête, on s’oppofe à fa juste fureur;
II s’arrache en tremblant de ce lieu ple : n d’horreur»II déteste à jamais fa coupable victoire;
II renonce à la cour, aux humains, à la gloire;
Et se fuyant lui - même, au milieu des déserts,
II va cacher fa peine au bout de l’univcrs.
La , soit que le soleil rendît le jour au monde,Soit qu’il finît sa course au vaste sein de Tonde»
Sa voix fêlait redire aux échos attendrisLe nom, le triste nom de son malheureux fils.
Du héros expirant la jeune et tendre amante ,
Par la terreur conduite , incertaine , tremblante,’Vient d'Mi pied chancelant fur ces funestes bords »Elle cherche , elle voit dans la foule des morts,Elle voit fcm époux, elle tombe éperdue;
Le voile de la mort se répand fur sa vue ;
Est-ce toi, cher amant? Ces mots interrompus,è'es cris demi-formés ne font point entendus;
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