£50 LA H E N R I A D E.
Elle r’ouvre les yeux, fa bouche presse encorePar fes derniers baisers la bouche qu’eile adore ;Elle tient dans fes bras ce corps pâle et sanglant,
Le regarde, soupire, et meurt en l'embrassmt.
Peble, époux malheureux, famille déplorable,Des fureurs de ces temps exemple lamentable,
Puisse de ce combat le fçuvenir affreuxExciter la pitié de nos derniers neveux,
Arracher à leurs yeux des larmes salutaires.
Et qu’il.s n’imitent point les crimes de leurs pères !
Mais qui fait fuir ainsi ces ligueurs dispersés?Quel héros sou quel dieu les a tous renversés ?
C’est le jeune Biron ; c’est lui dont le courageParmi leurs bataillons s’était fait un passage.D’Aumaîe les voit fuir, et bouillant de courroux,Arrêtez , revenez... .f lâches, où courez - vous ?Vous, fuir ! vous, compagnons de Mayenne et de Guise fVous qui devez venger Paris, Rome et l'Eglise 1Suivez-moi, rappelez votre antique vertu,Combattez fous d’Aumale , et vous avez vaincu.
Aussitôt secouru de Beauvau, de Bosseuse,
Du farouche Saint-Paul, et même de Joyeuse,
II rassemble avec eux ces bataillons épars,
Qu’il anime en marchant du feu de fes regards.
La fortune avec lui revient d’un pas rapide :
Biron soutient en vain, d’un courage intrépide,
Le cours précipité de ce fougueux torrent jII voit à fes côtés Parabère expirant ;
Dans la foule des morts il voit tomber Eenquière;Neste, Clermont, d’Angenne ont mordu la poussière:
Percé de coups lui-même il est près de périr.
Ç’était |iusi, Biron, que tu devais mourir.