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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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CHANT HUITIEME* $%î

Un trépas fi fameux, une chute si belle,

Rendait de ta vertu la mémoire immortelle, (fe)

Le généreux Bourbon fut bientôt le dangerOù Biron trop ardent venait de s'engager.

II l’aimait, non en roi, non en maître sévère ,

Qui souffre qu’on aspire â l’honneur de lui plaire?Et de qui le cœur dur et l’inflexib’e orgueilCroit le sang d’un sujet trop payé d'un coup d’œií.Henri de l’amìtié sentit les nobles flammes :

Amitié, don du ciel, plaisir des grandes âmes,Amitié que les rois, ces illustres ingrats ,

Sont assez malheureux pour ne connaître pas !

II court le secourir ; ce beau feu qui le guideRend son bras plus puissant et son vol plus rapide.

Biron,( ig) qu’environnaíent les ombres de la mort,A l’afpect de son roi fait un dernier effort}

II rappelle à sa voix les restes de fa vie ;

Sous les coups de Bourbon tout s’écarte, tout plie}Ton roi, jsrr.s Biron, f arrache à res soldats,

Dont les coups redoublés achevaient ton trépas.

Tu vis ,• songe du moins à lui rester fidelle.

Un bruit affreux s’entend. La Discorde cruelle,Aux vertus du héros opposant ses fureurs,

D’une rage nouvelle embrase les ligueurs.

El'e vole à leur tête, et fa bouche fataleFait retentir au loin fa trompette infernale.

Par ces sons trop connus d’Aumale est excité ;

Auffi prompt qae le trait dans les airs emporté,

II cherchait le héros , fur lui seul il s’élance}

Des ligueurs en tumulte une foule s’avance.

Tels au fond des forêts précipitant leurs pas,

Ces animaux hardis, nourris pour les combats.