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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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DU CHANT HUITIEME.

çlrfe austèçe; îl avait été un sévère économe du trésorpublic: on opptía donc Sully k Colbert . On alla plus loin;on supposa <;ue chacun de ces ministres avait un (yftèmed’adniinistration, que ces fystêmts étaient opposés; que l’uiivoulait favoriser Pagrieulture, tandis que Vautre la sacrifiaità i’cncouragement des manufactures. Mais il est facile»en lisant \e$ lois qu’ils ont faites, de voir que ni Pun niVautre n’eurent jamais un système; de leur temps ii étaitjnênie impassible d’en avoir. Sully fut supérieur à Colbert »pnrce qu’tf s’opposait avec courage aux dépenses que I-Ienrìvoulait faire par générosité ou par faiblesse; au lieu queColbert flatta le goût de Louis XIV pour les fêtes et lapompe de la cour; que Sully mérita la confiance de Henri IVen sacrifiant pour lui ses biens et son sang; et que Colbert ,après avoir gagné la confiance de Mazarin , en l’.iidant kaugmenter ses trésors, obtint Celle de Louis XIV en fe ren-dant le délateur de Fouquet et Pinstrument de fa perte;,que Sully , terrible aux courtisans , -voulait ménager lepeuple, et que Colbert sacrifia toujours lc peuple à la cour.

Sully «'encouragea^ le commerce des blés que par des p?r-miíîìons particulières d’exporter, plus fréquentes à la véritéque du temps de Colbert , mais qu'il fêlait austì quelquefoisacheter, conduite qu’un ministre même très-corrompu n’o-iëraìt avouer de nos jours.

Tous deux n'encouragèrent de même les manufactures quepar des dons et des privilèges. Ils ne songèrent ni Pim niVautre k rendre moins onéreuses les lois fiscales: si ellesfurent moins dures Cous Sully, il faut moins en faire honneurà son caractère qu'aux circonstances , qui n’aiuraient pointpermis cet abus de l’autorité royale.

En un mot Sully fut un homme vertueux pour son siècle,parce qu’on ifeíìt L lui reprocher aucune action regardée danston siècle comme vile ou criminelle; mais on ne peut direqu’il fut un grand ministre, et encore moins- le proposerpour modèle. Un général, qui de nos jours ferait la guerrecomme du Guefclin , serait vraisemblablement battu.

Sully eut des défauts et des faiblesses. Ami de Henri IV,il était trop jaloux de fa faveur ; fier avec les grands seségaux, il eut avec ses inférieurs toutes les petiteflcs de lavanité; fa probité était incorruptible? mais ií aimait à s’en.richìr, et ne négligea aucun des moyens regardés alorscomme permis. Obligé de se retirer après la mort de H*nri IV,\il eut la faiblesse de regretter fa place , et de se conduirepu quelques occasions comme s’il eût désiré d’avoir part