CHANT NEtJVlEME. Hf
Y boivent à longs traits l’oubli de leur devoir.
L’Amour dans tous ces lieux fait sentir son pouvoir.Tout y paraît changé; tous les cœurs y soupirent..Tous sont empoisonnés du charme 411'ils respirent.Tout y parle d’amour. Les oiseaux dans les champsRedoublent leurs baisers, leurs caresses, leurs chantyj-
I Le moissonneur ardent, qui court avant l’aurore-Couper les blonds épis que l’été fait éclore,
S’arríte, s’inquiète, et pousse des soupirs;
Son coeur est étonné de ses nouveaux désirs ;
II demeure enchanté dans ses belles retraites,
Et laisse en soupirant ses moissons imparfaites.
Près de lui, la bergère oubliant ses troupeaux,
De fa tremblante' main sent tomber ses fuseaux.Contre un pouvoir si grand , qu'eût pu faire d’Estríè?"Par un charme indomptable elle était attirée ;
Elle avait à combattre, en ce funeste jour,
Sa jeunesse, son cœur, un héros et l’Amour.
Quelqûe temps dé Henri la valeur immortelle',Vers ses drapeaux vainqueurs en secret ie rappelle •Une invisible main le r>tient malgré lui.
Dans fa vertu première il cherche un vain appui.
Sa vertu l’abandonne, et son ame enivréeN’aime, ne voit, n’entend, ne connaît que d’Estrée. (g)Loin de lui cependant tous ses chefs étonnésSe demandent leur prince, et restent consternés.
Zîs tremblaient pour ses jours : aucun d’eux n’eût pacroìtêOu’on eût dans ce moment dû craindre pour fa gloire -On le cherchait en vain; ses soldats abattus,
Ne marchant plus fous lui, semblaient déjà vaincus.
Mais le Génie heureux qui préside à la France,Ne souffrit pas long-temps ía dangereuse absence;