ODE
II entraîne à la mer avareLes dépouilles des nations.
Mais ces débordemcns de Ponde,
Et ces combats des élémens ,
Et ces secousses qui du mondeOnt ébranlé les fondemens ,
Fléaux que le ciel en colère' Sur ce malheureux hémisphèreA fait éclater tant de sois ,
Sont moins affreux, font moins sinistres,Que Pambition des ministres,
If.t que les discordes des rois.
De Hnde aux bornes de la FranceLe soleil, en son vaste tour ,
Ne voit qu’une famille immense,
Que devait gouverner l’amour.
Mortels, vous êtes tous des frères:
Jetez ces armes mercenaires.
Que cherchez-vous dans les combats ?Quels biens poursuit votre imprudence ?En aurez-vous la jouissanceDans la triste nuit du trépas ?
Encor si pour votre patrieVous saviez vous sacrifier !
Mais non; vous vendez votre vieAux mains qui daignent la payer.
Vous mourez pour la cause iniqueDe quelque tyran politiqueQue vos yeux ne connaissent pas ;
Et vous n’étes, dans vos misères,
Que des assaffius mercenaires,
Armés pour des maîtres ingrats.