ODE
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O race auguste et stère,
Un reste de poussièreEst ton seul monument.
Son nom même est détruit; le tombeau le dévote,Et si le Faible bruit s’en fait entendre encore,
On dira quelquefois, il régnait, il n'est plus-;Eloges funérairesDe tant de rois vulgairesDans la foule perdus.
Ab! s’il avait lui-même, en ces plaines fumantesQu’Eugène ensanglanta de ses mains triomphantes,Conduit de ses Germains les nombreux armemens,Et raffermi l’Empire,
De qui la gloire expireSous les fiers Ottomans 1
S’11 n’avait pas langui dans fa ville alarmée,Redoutable , en fa cour , aux chefs de son armée ,Punissant fes guerriers par lui-même avilis:
S’il eût été terribleAu sultan invincibleEt non pas à Vallis. (t)
Ci) L’empereur Charles avait conclu, peu de temps avantCi mort, une paix désavantageuse avec les Turcs; il punitfes généraux qui n’avaient été que malheureux , quelquesofficiers qui avaient rendu des places qu’ils étaient char-gés de défendre, et fit faire le procès aux plénipotentiai-res qui avaient signé cette paix. Sa mort les sauva. On aprétendu qu’ils avaient reçu des ordres secrets de la grandeduchesse, depuis impératrice - reine. II est d U moins cer-tain qu’ils Pavaient servie. II était aisé de prévoir la mortprochaine de l’empereur , l’orage qui allait s’élever con-tre fa fille, et la nécessité de s’assurer de Ja paix avec iesTurcs , beaucoup moins politiques, mais souvent plus fidè-les observateurs des traités que les princes chrétiens.