SUR T,A MORT CE CHARLES VI.
Ou íì plus sage encore, et détournant la guerre,
II eût par ses bienfaits ramené fur la terreLes beaux jours , les vertus, l’abondance et les arts,Et cette paix profondeQue fut donner an mondeLe second des Césars !
La Renommée alors , en étendant ses ailes,
Eût répandu fur lui les clartés immortellesQui de la nuit du temps percent les profondeurs ;
Et son nom respectableEût été plus durableQue ceux de fes vainqueurs.
Je ne profane point les dons de l’harmoníe;
Le sévère Apollon défend à mon génieDe verser, en bravant et les mœurs et les lois,
Le fiel de la satireSur la tombe où respireLa majesté des rois.
Mais , ô Vérité sainte ! ô juste Renommée!
Amour du genre humain, dont mon aine enflamméeRequit avidement les ordres éternelsDictez à la mémoireLes leqons de la gloirefour le bien des mortels.
Rois, la mort vous appelle au tribunal auguste,
Où vous étés pesés aux balances du juste.
Votre siècle .est témoin , le juge est l'avenir.Demi-Dieux mis en poudre,
Lui seul peut vous absoudre,
Lui seul peut vous punir.