Çm) Exprès pour nous damner , Uc,
II faut avouer que ce système, qui suppose que l’Etretout-puissant & tout bon a créé exprès des millions demilliars d’êtres raisonnables & sensibles, pour en favo-riser quelques douzaines, & pour tourmenter tous lesautres à tout jamais, paraîtra toujours un peu brutal àquiconque a des moeurs douces.
O) Que fans son harmonie , . ..
Notre ame étant Jìmple , ( car on suppose que sortexistence & sa simplicité sont prouvées ) elle peut résiderdans l’étoile du Nord ou du petit chien , & notre corpsvégéter fur ce globe. L’anie a des idées là-haut, & notrecorps fait ici les fonctions correspondantes à ces idées,à peu près comme un homme prêche, tandis qu’unautre fait les gestes; ou plutôt l'ame est l'horioge, & lecorps sonne içi les heures. II y a des gens qui ont étudiécela sérieusement; & l’inventeur de ce système est celuiqui a disputé contre Newton, & qui peut même avoireu raison sur quelques points.
Quant aux monades , tout être physique étant composédoit être un résultat d'étres simples ; car dire qu’il estfait d’étres composés, c’est ne rien dire. Des monadesfans parties & fans étendue font donc l’étemlue & lesparties; elles n’ont ni lieu, ni figure, ni mouvement,quoiqu’elles constituent des corps qui ont figure & mou-vement dans un lieu.
Chaque monade doit être différente d’une autre, fansquoi ce ferait un double emploi.
Chaque monade doit avoir du rapport avec toutes lesautres, parce qu’il y a entre les corps dont ces monadesfont l'alfemblage unè union nécessaire. Ces rapports entreces monadessmples , inétendues , ne peuvent être qne desidées, des perceptions. II n’y a pas de raison pour laquelleune monade , ayant des rapports avec une de ses com-pagnes , n'en ait pas avec toutes. Chaque monade voltdonc toutes les autres, & par conséquent est un miroirconcentrique de l’uuivers. II y a un pays où cela s’estenseigné dans des écoles à des gens qui avaient de labarbe an menton.