NOTES.
242
cour, & qui fait mettre ses chevaux dans la rue ; Báchatrmont qui lui dit : Mon pere , mes chevaine n’ont pasopiné , & qui de raillerie en raillerie Fait boire l'on pèreà la santé ihi cardinal Maznrìn proscrit par le parle-ment ; le gentilhomme ami du coadjuteur qui vientpour le servir dans la guerre civile , & qui trouvant unde ses camarades chez cc prélat, lui dit: II n’ci: pasjuste que les deux plus grands fous du royaume ferventfous le même drapeau , il faut se partager, je vais chezle cardinal Muzqrin ; & qui en effet va de ce pas battreles troupes auxquelles il était venu se join.'rejce mêmecoadjuteur qui prêche & qui fait pleurer des femmes;un de ses convives qui leur dit: Mesdames, fi vous la-viez ce qn’iì a gagné avec vous, vous pleureriez biendavantage: ee même archevêque qui va au parlementavec un poignard , & le peuple qui crie : C’est fou bré-viaire ; & toutes les expéditions de cette guerre méditéesau cabaret, & les bons mots, & les chansons qui ne fi-nissaient point; tout cela ferait bon fans doute pour unopéra comique. Mais les fourberies, les pillages, lesrapines, les scélératesses , les assassinats, les crimes detoute espèce dont ces plaisanteries étaient accompagnées,formaient un mélange hideux des horreurs de la ligue& des farces à'Arlequin. Et c’étaient des gens graves,des pâtres conscrìpti, qui ordonnaient ces abominations& ces ridicules. Le cardinal de Retz dit, dans ses mé-moires , que le parlement fesait par des arrêts la guerrecivile , qu’il aurait condamnée lui-tnême par les arrêts lesplus Janglans,
/L’auteur que je commente , avait peint cette guerrede singes dans le Siècle de Louis XIVì un de ces magis-trats qui, avant acheté leurs charges quarante ou cin-quante mille francs , fe croyaient en droit de parier or-gueilleusement aux lettrés , écrivit à fauteur que mes-sieurs pourraient le faire repentir d’avoir dit ces vérités,quoique reconnues. II lui répondit: w Un empereur de„ la Chine dit un jour à l’historiographe de l’empire:
,, Je fuis av®ti que vous mettez par écrit mes fautes;
tremble/.. „ L’hiíloriographe prit fur - le - champ destablettes. Qivofez-vous écrire là? Ce que votre majestévient de me dire. L’empereur se recueillit & dit : Écri-vez tout, mes fautes seront réparées.