A M. LE DUC DE BRANCAS. I?
batteries trop outrées et les plaintes trop fortes,et d’y être libre fans hardiesse. Si j’avais Thon.neur d’être plus connu de vous que je ne le fuis,vous verriez que je parle dans cet écrit commeje pense ; et fì la poésie ne vous en plaît pas ,vous en aimeriez du moins la vérité.
Permettez-moi de vous dire que dans un tempscomme celui - ci, où l’ignorance et le mauvaisgoût commencent à régner , vous étés damantplus obligé de soutenir les beaux arts, que vousétés presque le seul qui puisse le faire ; et qu’enprotégeant ceux qui les cultivent avec quelquesuccès , vous ne protégez que vos admirateurs;îe ne me servirai point ici du droit qu’ont tous le?poètes de comparer leurs patrons à Mécène.
Ainsi que toi régissant des provinces ,
Comblé d’honneurs et des peuples chéri,L’hcureux Mécène était le favoriBu Dieu des vers et du plus grand des princes zMais à longs traits goûtant la volupté,
Son premier dieu ce Fut l’oifiveté.
Si quelquefois réveillant fa mollesse ,
Sa main légère entre Horace et MaroaDaignait toucher la lyre d'ApollonComme la Fare il chantait la paresse.
Pour toi , mêlant le devoir au plaisir,
Dans les travaux tu te fais un loisir ;
Tu fais charmer au conseil comme à table.Mécène à toi n’est pas à comparer,
Et je te crois, j’ose ici l’assurer,
Moins paresseux, et non pas moins aimable.