À M. N L FONTENELLE.
LETTRE X.
A M. DE FONTENELLE.
De Viliars , le premier septembre 1720.
Les dames qui font à Viliars, Monsieur , fe fondgâtées par la lecture de vos Mondes. U vaudraitmieux que ce fût par vos églogues j et nous les ver-rions plus volontiers ici bergères que philosophes.Elles mettent à observer les astres un temps qu’el»les pourraient beaucoup mieux employer , etcomme leur goût décide des nôtres, nous nomsommes tous faits physiciens pour ì’amour d'ellcî»Le soir sur des lits de verdure,
Lits que de ses mains la nature,
Dans ces jardins délicieux,
Forma pour une autre aventure,
Nous brouillons tout l’ordre des cieux j.
Nous prenons Vénus pour Mercure jCar vous savez qu’ici l’on n’aPour examiner les planètes ,
Âu lieu de vos longues lunettes,
Que des lorgnettes d’opéra.
Comme nous passons la nuit à observer les étoi-les , nous négligeons fort le soleil, à qui nous nerendons visite que lorfqu’il a fait près des deuxtiers de son tour. Nous venons d’apprendre tout àl’heure qu’il a paru de coujeur de sang tout lematin ; qu’enfuite fans que i’airfût obscurci d’au»cun nuage , il a perdu sensiblement de sa lumièr*