S§ LETTRE
et de Ta grandeur : nóus n’avons su cette nouvel!»que sur les cinq heures du soir. Nous avons rais latête à la fenêtre , et nous avons pris te soleil pourla lune, tant il était pâle. Nous ne doutons pointque vous n’ayez vu la même chose à Paris.
C’està vous que nous nous adressons, Monsieur,comme à notre maître. Vous savez rendre aima-bles les choses que beaucoup d’autres philosophesrendent à peine intelligibles, et la nature devait àla France et à l’Europe un homme comme vouspour corriger les savans, et pour donner auxignorans le goût des sciences.
Or dites-nous donc, Fontenelles,
Vous qui par un vol imprévu,
De Dédale prenant les ailes,
Dans les cieux avez parcouruTant de carrières immortelles,
Où saint Paul avant vons a vuForce beautés surnaturelles,
Dont très-prudemment ii s'est tu:
Du soleil, par vous si connu ,ïïe savez-vous point de nouvelles ?
Pourquoi fur un char tout sanglantA-t-il commence' sa carrière?
Pourquoi perd-il, pâle et tremblant,
Et sa grandeur et sa lumière ?
Que dira le Boulainyilliers (a)
(a) Le comte de Bmlainvillim , homme d'une grande éru-dition, mais qui avait la faiblesse de croire à l’altroìogie.Xe cardinal de Fleuri disait de lui qu’i! ne connaissait ni i’ave-nir , ni le passé , ni le présent. Cependant il a fait de très-iélles recherches fur l’hiitoire de France.