LETTRE
LETTRE XI.
A M. LE CARDINAL DUBOIS, (s)
De Cambrai, juillet 1712.
U NE beauté qn’on nomme Rupelmonde,
Avec qui les amours et moiNous courons depuis peu le monde,
Et qui 11011s donne à tous la loi,
Veut qu'à l’inftant je vous écrive.
Ma muse , comme à vous, à lui plaire attentive,’
Accepte avec transport «n si charmant emploi.
Nous arrivons, Monseigneur, dans votre mé-tropole, où je crois que tous les ambassadeurs ettous les cuisiniers de l’Europe se sont donné rea-dez-vous. II semble que tous les ministres d’Alle-magne ne soient à Cambrai que pour faire boireh santé de l’empereur. Pour messieurs les ambassa-deurs d’Espagne, l’un entend deux messes parjour, i’autre dirige la troupe des comédiens. Lesministres Anglais envoient beaucoup de courriersen Champagne, et peu à Londres. Au reste, per-sonne n’attend ici votre éminence : on ne pensepas que vous quittiez le palais royal pour venir,,visiter vos ouailles. Vous seriez trop fâché, etnous aussi, s’il vous fallait quitter le ministèrepour l’apostolaí.
U) Cette lettre est de t722. On Ta imprimée plusieurs fois,mais on-la donne ici iur I’original. Madame de Rupeknondtétait fille du maréchal d’^í/^gre, mariée à un seigneuret mère du marquis de Kufelmvnde tué ea Ijavière,