ECRIVAINS
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solitude et dans le travail. Son Histoire de f Pi-giste est la meilleure qu’o n ait jamais faite, etles discours préliminaires font fort au-dessus del’histone. Ils font presque d'un philosophe, marsf histoire n’en est pas: mort en 1723.
La fontaine {Jean') né à Château-Thiefrien r621. Le plus simple des hommes, maisadmirable dans son genre, quoique négligé etinégal. II fut le seul des grands-hommes deIon temps qui n’eut point de part aux bien-faits de Louis XîV. II y avait droit par sonmérite et par fa pauvreté. Dans la plupart deses fables il est infiniment au-deíïus de tousceux qui ont écrit avant et après lui en quel-que langue que ce puisse être. Dans les contesqu’ii a imités de l’Hrioste’, il n'a pas son élé-gance et fa pureté ; il n’est pas à beaucoupprès si grand peintre, et c’est ce que Bail eaun’a pas aperçu dans fa dissertation fur Jocondeparcs que Defyrèaux ne savait presque pas 1’i-ialien. Mais dans les contes puisés chez Bocace ,la Fontaine lui est bien supérieur , parce qu'ila beaucoup plus d’esprit, de grâces, de finesse.Bocace n’a d’autre mérite que la naïveté , laclarté et l’exactitude dans le langage. II afixé fa langue , et la Fontaine a souvent cor-rompu la sienne: mort en 1693.
li faut que les jeunes gens, et fur-tout ceuxqui dirigent leurs lectures, prennent biengarde à ne pas confondre avec son beau na-turel le familier, le bas, le négligé, le tri-vial ; défauts dans lesquels iì tombe trop souvent.