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tes ramenèrent à Rousseau qu’ils ne craignaientplus. ils lui rendirent presque tout le public.La Motte leur parut trop heureux , parcsqu’il était riche et accueilli. Ils oubliaient quecet homme était aveugle et accablé de maladies.Ils voyaient dans Rousseau un banni infortuné,fans songer qu’il est jfius triste d’être aveugleet malade que de vivre à Vienne et à Bru-xelles. Tous deux étaient c n effet très-mabheureux; i'un par îa nature, l’autre par Fa-venture funeste qui le fit condamner. Tousdeux fervent à faire voir’ combien les hommesfont injustes, combien ils varient dans leursjugemens, et qu’il y a de la folie à sc tour-menter pour arracher leurs suffrages. Mort àBruxelles en 1740.
Rousseau eut rarement dans ses ouvrages del’aménité, des grâces, d u sentiment, de l’in-vention ; il savait très-bien tourner une épi-gramme licencieuse et une stance. Ses épîtresfont écrites avec une plume de fer trempéedans le fiel le pins dégoûtant. II appelle mes-demoiselles Louvancourt , qui étaient troissœurs très-aimahlcs, trio de louves acharnées:il appelle le conseiller d’Etat Rouillé, takarinstfordant , cmtjlique et rttjire , après lui avoirprodigué des louanges dans une ode assez mé-diocre. Les mots de maroufies , de bélîtres sa-lissent ses épîtres. II faut fans doute opposerune noble fierté à ses ennemis ; mais ces baf-fes injures fans gaieté, fans agtémens, sentle contraire d’imc aine noble.