zz6 DES ETATS DE l’eUROPE
les villes libres impériales ont embrassé cette secte,qui a semblé plus convenable que la religioncatholique à des peuples jaloux de leur liberté.
Les calvinistes, répandus parmi les luthériens■qui font les plus'sorts, ne font qu’un parti mé-diocre ; les catholiques composent le reste de F Em-pire , et ayant à leur tête la maison d’Autriche, ilsétaient sans doute les plus puissans.
Non-seulement l’Alìemagne, mais tous les Etatschrétiens, saignaient encore des plaies qu’ils avaientreçues de tant de guerres de religion ; fureur parti-culière aux chrétiens, ignorée des idolâtres, etfuite malheureuse de i’esprit dogmatique introduitdepuis si long-temps dans toutes les conditions. IIy a peu de points de controverse qui n’aient causéune guerre civile ; et les nations étrangères ( peut-être notre postérité) ne pourront un jour com-prendre que nos pères se soient égorgés mutuelle-ínent pendant tant d’années en prêchant la patience.
Je vous ai déjà fait voir comment FeuVnandII(a)fut près de changer Faristocratie allemande en uneìnonarchie absolue, et comment il fut sur lepoint d’êíre dctióné par Gttjiave Adoube Sonfils Ferdinand III , qui hérita. de fa politique ,et fit comme lui la guerre de son cabinet, régnapendant la minorité de Louis XIV.
L’Âllemagne n’était point alors aussi florissanteHv'elis l’est devenue depuis ; le luxe y était in-connu , et les commodités de ia vie étaient encorétìrès-rares chez les plus grands seigneurs. Elles n’y
te) Voyez l 'Essai sur ies tnaurs et l'esfìit des nations.