3144 VE8 ETATS DE L’EUROPE
république romaine en mit à conquérir la moitié dumonde connu.
Jamais cour ne fut mieux fe conduire selon leshommes et selon les temps. Les papes font presquetoujours des italiens blanchis dans les affaires, fanspallions qui les aveuglent ; leur conseil est composéde cardinaux qui leur ressemblent, et qui font tousanimés du même esprit. De ce conseil émanentdes ordres qui vontjufqu’à la Chineetl’Amérique:il embrasse en ce sens l’univers, et on a pu direquelquefois ce qu’avait dit autrefois un étranger dusénat de Rome : f ai vu un conjìjìoire de rois. Laplupart de nos écrivains fe font élevés avec raisoncontre l’ambition de cette cour ; mais je n’en voispoint qui ait rendu aster de justice à fa prudence.Je ne fais si une autre nation eût pu conserver stlong-temps dans l’Europe tant de prérogatives tou-jours combattues : toute autre cour les eût peut-être perdues, ou par fa fierté, ou par fa mollesse,ou par fa lenteur, ou par fa vivacité ; mais Rome,employant presque toujours à propos la fermeté etla souplesse, a conservé tout ce qu’elle a pu humai-nement garder. On la vit rampante sous Cbarles-Qjdnt, terrible au roi de France Henri III , enne-mie et amie tour à tour de Henri IV, adroite avecLquìs XIII, opposée ouvertement à Louis XlV,dans le temps qu’il fut à craindre, et souvent enne-mie secrète des empereurs, dont elle se défiait plusque du sultan des Turcs.
Quelques droits, beaucoup de prétentions, dela politique et de la patience , voilà ce qui resteaujourd hui à Rome de cette ancienne puissance,