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II aimait mieux être appelé le père des soldats quilui étaient confiés , que des peuples qui, selonles lois de la guerre, font toujours sacrifiés.Tout le mal qu’il fesait, paraissait nécessaire ; sagloire couvrait tout; -Tailleurs, les soixante et dixmille allemands, qu’il empêcha de pénétrer enFrance,y auraient fait beaucoup plus de mal qu’iln’en fit à F Alsace , à la Lorraine et au Palatinat.
Telle a été depuis le commencement du sei-zième siècle la situation de la France que, toutesles fois qu’elle a été en guerre , il a fallu com-battre à la fois vers l’Allemagne, la Flandre ,l’Espagne et l’Italie. Le prince de Coudé fesaittête en Flandre au jeune prince d’Orange, tandisque Tttrenne chassait les Allemands de l’Alsace.La campagne du maréchal de Tiirenm fut heu-reuse , et celle du prince de Coudé sanglante.Les petits combats de Sintzheim et de Turkheimfurent décisifs : la grande et célèbre bataille deSe nef ne fut qu’un carnage. Le grand Condè,qui la donna pendant les marches sourdes de Ttt-renne en Alsace, n’en tira aucun succès, soitque les circonstances des lieux lui fussent moinsfavorables, soit qu’il eût pris des mesures moinsjustes, soit plutôt qu’il eût des généraux plus ha-biles et de meilleures troupes à combattre. Lemarquis de Feuquières veut qu’on ne donne à labataille de Senef que le nom de combat, parcsque Faction ne fe passa pas entre deux arméesrangées , et que tous les corps réagirent point ;mais il paraît qu’on s’accorde à nommer bataillecette journée fi vive et si meurtrière. Le choc detrois mille hommes rangés, dont tous les petits