BATAILLE BE SENEF. 75
eorps agiraient, ne serait qu’un combat. C’esttoujours i’importance qui décide du nom.
Le prince de Condé avait à tenir la campagneavec environ quarante-cinq mille hommes, contrele prince d’Orange , qui en avait, dit-on, soi-xante mille, f II attendait que l’armée ennemiepassât un défilé à Senef près de Mons. II attaquaune partie de l'arrière-garde composée d’Espa-gr.ols , et y eut un grand avantage. On blâma ieprince d’Orange de n’avoir pas pris assez de pré-caution dans le passage du défilé , mais on ad-mira la manière dont il rétablit le désordre , eton n’approuva pas que Condé voulût ensuite re-commencer le combat contre des ennemis tropbien retranchés. On se battit à trois reprises. Lesdeux généraux , dans ce mélange de fautes et dcgrandes actions, signalèrent également leur pré-sence d’esprit et leur courage. De tous les com-bats que donna le grand Condé , ce su t celui où ilprodigua le plus fa vie et celle de ses soldats. IIeut trois chevaux tués fous lui. 11 voulait, aprèstrois attaques meurtrières, en hasarder encoreune quatrième. II parut, dit un officier qui yétait, qu’il n’y avait plus que ie prince de Condé(jni eut envie de se battre. Ce que cette actioneut de plus singulier , c'clì que les troupes depart et d’autre , après les mêlées les plus san-glantes et les plus acharnées, prirent la fuite leloir par une terreur panique. Le lendemain, lesdeux armées se retirèrent chacune de íôn côté ,aucune n’ayantni le champ de bataille , ni la vic-toire , toutes deux plutôt également affaiblies et
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