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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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138 embrasement

tre la France. II vint à l’armée un ordre deLouis , signé Louvois de tout réduire en cen-dres. Les- généraux franqa : s , qui ne pouvaientqu’obéir, firent donc signifier, dans le cœur del’hiver , aux citoyens de toutes ces villes lì flo-rissantes et si bien réparées, aux habitans des vil-lages aux maîtres de plus de cinquante châteaux,qu’il fallait quittei leurs demeures, et qu’on allaitles détruire par le fer et par les flammes. Hom-mes , femmes , vieillards, en fans sortirent en hâte,U"e partie fut errante dans les campagnes ; uneautre se réfugia durs les puys voisins, pendantque ît soldat qui puise toujours les ordres de ri-gueur , et qui n’exécute jamais ceux de clemence,brûlait et saccageait leur patrie. On cutnmenqapar Manheim et par lleideibcrg, séjour des élec-teurs : leurs palais furent détruits, comme lesmaisons des citoyens: leurs tombeaux furent ou-verts par la rapacité du soldat, qui croyait d’ytrouver des trésors ; leurs cendres furent d-fz er-sécs. C’était pour la seconde fois que ce beaupays était désolé fous Louis Xi V ; nids si.s flam-mes dcmt.'Aíj-fJZHe avait brûlé deux villes et vingtvillages du Palatinat n’étaient que des étincelles,en comparaison de ce dernier incendie. L’Europeen eut horreur. î es officiers qui l’exécutèrentétaient honteux d’êtte ìes œstrumens de ces dure-tés. On les rejetait fur le marquis de Lonvois ,devenu plus inhumain par cet endurcissement decœur que produit un long miníltère. II avait enesse t donné ces conseils ; mais Louis avait été lemaître de ne les pas suivre. Si le roi avait été