Buch 
Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
Entstehung
JPEG-Download
 

150 BATAILLE DE NERVINDE.

des ennemis de leur main, ce qui n’arrive au-jourd’hui presque jamais aux officiers-généraux,depuis que le feu décide de tout dans les batailles.

Le maréchal de Luxembourg se signala et s’ex-pofa plus que jamais : son-fils, le duc de Mont-inorencì , se mit au - devant de lui lorsqu’on letirait, et requt le coup porté à son père. Enfinle général et les princes reprirent le village unetroisième fois, et la bataille fut gagnée.

Peu de journées furent plus meurtrières. II yeut environ vingt mille morts, douze mille ducèté des alliés , et huit de celui des Franqais.L’eiì à cette occasion qu’on disait qu’il Fallait;chanter plus de de profundìs que de Te Deum.

Si quelque chose pouvait consoler des hotreursattachées à la guerre, ce serait ce que dit le comtede Salm , blessé et prisonnier dans Tirlemont. Lemaréchal de Luxembourg lui rendait des foinsassidus : Quelle nation ítes-vous! lui dit ce prince :il rìy a point d’ennemis plus à craindre dansune bataille , ni d'amis plus généreux après luvictoire.

Toutes ces batailles produisaient beaucoup degloire, mais peu de grands avantages. Les alliés,battus à Fleurus , à Steinkerque, à Nervinde, neLavaient jamais été d’une manière complète. Leroi Guillaume fit toujours de belles retraites ; etquinze jours après une bataille, il eùt fallu luien livrer une autre pour être le maître de lacampagne. La cathédrale de Paris était rempliede drapeaux ennemis. Le prince de Conti an-pelait le maréchal de Luxembourg , le tapijjkrde Notre-Dame. On ne parlait que de victoires.