FAIX DE RTS VI CE. i6í
nécessaire de montrer quelque modération àTEurope, pour ne pas effaroucher tant de puissan-ces toujours soupçonneuses. La paix donnait letemps de se faire de nouveaux alliés, de rétablirles finances, de gagner ceux dont. on auraitbesoin, et de laisser former dans l’Etat de nou-velles milices. II fallait céder quelque chose,dans l’espérance d’obtenir beaucoup plus.
On pensa que c’étaient-là les motifs secrets decette paix de Rysvick, qui en effet procura parl’événement le trône d'Espagne au petit-fils deLouis XIV. Cette idée si vraisemblable n’elt pasvraie ; ni Louis XIV ni son conseil n’eurent cesvues qui semblaient devoir se présenter à eux.C’est un grand exemple de cet enchaînement desrévolutions de ce monde, qui entraînent les hom-mes par lesquels elles semblent conduites. L’intérétvisible de posséder bientôt l’Espagne, ou une partiede cette monarchie, n’infiua en rien dans la paixde Rysvick. Le marquis de Torci en fait l’aveudans ses mémoires Ojfj') manuscrits. On fit la paixpar lassitude de la guerre, et cette guerre avait étépresque fans objet: du moins elle n’avait été ducôté des alliés que le dessein vague d'abaisser lagrandeur de Louis XIV, et dans ce monarque quela fuite de cette méme grandeur qui n’avait pasvoulu plier. Le roi Guillaume avait entraîné dansfa cause sempereur, l’Empire, l’Espagne , les Pro-vinces-Unies, la Savoie. Louis XIV s’était vu .
(hh) Ces mémoires de Torci ont été imprimés depuis vet confirment combien l’auteur du Siècle de Louis XIVétait instruit de toat cejqu’il avance.
T. 19. Siècle. Tome II,
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