M A U B O R O U G H, 2IZ
généraux de son temps , certe tranquillité de cou-rage au milieu du tumulte , et cette sérénitéd ame dans le péril, que les Anglais appellentcold bead , tête froide. C’est peut-être cette qua-lité, le premier don de la nature pour le com-mandement , qui a donné autrefois tant d’avan-tages aux Anglais fur Jes Français dans les plainesde Poitiers, de Créci et d’Azincourt,
Marlborougb , guerrier infatigable pendant lacampagne, devenait un négociateur aussi agissantpendant l’hiver. II allait à la Haye et dans toutesles cours d’Allemagne. II persuadait les Hollandaisde s’épuiser pour abaisser la France II excitait lesressentímens de sélecteur palatin. II allait flatter lafierté de sélecteur de Brandebourg, lorsque ceprince voulut être roi. H lui présentait la serviette àtable, pour en tirer un secours de sept à huit millesoldats. Le prince Eugène , de son côté , ne finis-sait une campagne que pour aller faire lui-même àVienne les préparatifs de l’autre. On fait si les ar-mées en font mieux pourvues, quand le général est:le ministre. Ces deux hommes, tantôt commandansensemble, tantôt séparément, furent toujours d’in-telligence ; ils conféraient souvent à la Haye avec legrand-pensionnaire Heinjìus et le greffier F âge fquigouvernaient les Provinces Hnies avec autant delumières que ies liarnevelt et les de ÎVìtt , et avecplus de bonheur. Ils Pesaient toujours de concertmouvoir les ressorts de la moitié dei’Europe contrela maison de Bourbon ; et le ministère de France étaitalors bien faible pour résister long-temps à ces for-ces réunies. Le secret de leuHprojet de campagne